Albert Camus | Bleu autour, éditeur

Jeter des ponts entre les lieux, les langues et les temps ; dire l’exil, déjà celui de l’enfance. ...Suite




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[…] J’envie un peu votre sort, mon ami : vous partez, vous partez seul, avec du temps tout neuf et un pays tout neuf, avec pour seule mission de créer. N’est-ce pas une chose admirable – et dont vous avez peut-être méconnu tout le prix. Je crois que vous êtes parti sans joie et moins par votre peine à laisser ce que vous aimiez que par le sentiment d’avoir épuisé votre joie à venir. Ce dont je suis sûr maintenant, c’est que la réalité a dû se montrer plus riche que l’attente. Il n’y a que dans les Romans et chez les esprits médiocres que le contraire arrive. […]

Extrait de la lettre d’Albert Camus à Louis Bénisti (20 janvier 1935)

_Albert Camus Correspondance avec ses amis Bénisti

Albert Camus

• 1930. Albert Camus a 17 ans, les premiers symptômes de la tuberculose se manifestent. Malgré les soins et les séjours en montagne récurrents, la maladie fera régulièrement retour. Elle avait atteint en 1934 le deuxième poumon. Camus fréquente un groupe d’amis composé de Max-Pol Fouchet, Jean de Maisonseul, Louis Bénisti et Louis Miquel.
• 1933. Il quitte le domicile de son oncle Acault où il vivait depuis 1931 (car plus salubre et confortable que l’appartement maternel de Belcourt) pour se loger à Hydra, sur les hauteurs d’Alger.
• 1934. Camus suit, à la faculté d’Alger, un cursus de philosophie. Il sera titulaire de la licence en 1935, puis soutiendra un DES en 1936.
Il publie des articles sur la peinture et la musique dans Alger-Étudiant : ce sont quasiment les premiers qu’il ait écrits si l’on excepte les deux ou trois rédigés pour la revue Sud de Jean Grenier dès 1932 lorsqu’il était en hypokhâgne. Entre autres petits emplois d’été, il donne des leçons de philosophie pour vivre. Il en dispensera jusqu’au début des années 1940 à Alger et à Oran.
Il épouse Simone Hié qui a 20 ans ; ils se sont connus deux ans auparavant.
• 1936. Il fonde le Théâtre du Travail. Il séjourne de plus en plus souvent dans « la maison devant le monde » que louaient Jeanne-Paule Sicard et Marie Dobrenn, rejointes bientôt par Christiane Galindo, qui dactylographiera souvent les textes de Camus.
Camus finit seul un voyage en Europe centrale commencé avec sa femme et un ami, Yves Bourgeois. Albert et Simone se sépareront cette année-là et divorceront en 1940.
• 1937. Il publie aux éditions Charlot à Alger sa première oeuvre, L’Envers et l’Endroit.
Albert Camus quitte le parti communiste algérien auquel il avait adhéré en 1935 et transforme le Théâtre du Travail en Théâtre de l’Équipe.
Il rencontre Francine Faure.
• 1938. Il fonde avec René-Jean Clot, Claude de Fréminville, Jacques Heurgon et Jean Hytier l’éphémère revue Rivages (deux livraisons). Il rencontre Pascal Pia qui le fait entrer à Alger républicain.
• 1939. Durant une courte interruption des éditions Charlot, il crée avec Fréminville les éditions Cafre (contraction des noms des deux fondateurs) où il lance la collection « Poésie et théâtre ». Celle-ci sera reprise par Edmond Charlot chez qui il publie Noces, avec, entre autres essais poétiques, « Noces à Tipasa ».
Il a terminé Caligula dont un manuscrit sera confié à Mireille Bénisti.
• 1940. Camus tient le rôle de conseiller littéraire aux éditions Charlot (jusqu’en 1942).
Alger républicain devenu, en 1939 Le Soir républicain, est interdit. Camus part pour Oran puis Paris où il devient secrétaire de rédaction à Paris-soir, journal qui se replie bientôt à Lyon puis cesse de paraître (Albert sera licencié). C’est à Lyon, le 3 décembre, que Francine et Albert se marient.
• 1941. Le couple est revenu à Oran, où il loge rue d’Arzew. Camus, qui ne peut enseigner dans les établissements publics du fait de sa tuberculose, rejoint son ami André Bénichou, exclu de l’enseignement public en raison des lois sur le statut des juifs promulguées par le gouvernement de Vichy.
Tous deux enseignent dans un cours privé fréquenté surtout par des élèves juifs, où exerce aussi, comme professeur de physique, le frère de Solange et Mireille, Maurice Sarfati.
Camus a terminé les trois œuvres de son cycle sur l’Absurde qui paraissent chez Gallimard, L’Étranger et Le Mythe de Sisyphe en 1942, Caligula seulement
en 1944. La censure ne donne pas de visa pour un autre petit essai, Le Minotaure ou la halte d’Oran, qui paraîtra en 1946 en revue puis en plaquette en 1950.
• 1942. Camus séjourne au Panelier, près du Chambon-sur Lignon. Francine, qui est enseignante, repart en Algérie pour la rentrée scolaire. Les troupes alliées débarquent au Maroc et en Algérie le 8 novembre. Francine et Albert seront séparés jusqu’à la Libération.
• 1943. Albert réside à Paris.
• 1944. Outre Caligula paraît le Malentendu, qui sera joué au théâtre Hébertot avec Maria Casarès dans la distribution. Camus qui avait collaboré à Combat dans la clandestinité peut enfin y signer ses articles de son nom ; ces articles paraîtront à partir de 1950 en recueils successifs sous le titre de Actuelles I, II, III ; Dans Actuelles III figurent les « Chroniques algériennes ».
Il prend la direction du journal en 1947 après le départ de Pascal Pia.
• 1945. Francine donne naissance à des jumeaux, Catherine et Jean.
• 1947. Parution de La Peste. Vacances au Panelier. Retour à Paris.
• 1948. À l’occasion d’un court séjour à Oran, Camus participe aux rencontres du centre culturel de Sidi-Madani. Retour à Paris.
• 1949. Voyage en Amérique du Sud. Séjour au Panelier. Retour à Paris.
Répétitions des Justes, pièce créée en décembre au théâtre Hébertot.
• 1950. Achat d’un appartement à Paris, rue Madame dans le 6e arrondissement.
• 1951. Séjour à Cabris puis au Panelier. Parution de L’Homme révolté.
• 1952. Bref séjour en Algérie. Camus écrit « Retour à Tipasa » qui sera publié à Alger en 1953 dans l’unique numéro de la revue Terrasses dirigée par Jean Sénac, puis repris dans L’Été en 1954.
• 1955. Au court d’un voyage en Algérie, Camus parcourt les lieux de son enfance et prend des notes en vue de l’écriture du Premier Homme.
Il amorce une collaboration au journal L’Express (jusqu’en février 1956).
• 1956. Camus lance à Alger le 22 janvier son « appel pour une trêve civile ».
Cet appel n’est pas bien accueilli par la population algéroise et par les autorités françaises. Il publie dans Le Monde une lettre défendant son ami Jean de Maisonseul, membre du comité de soutien à cet appel, qui a été arrêté pour activités subversives.
Parution de La Chute.
• 1957. Le 16 octobre, le prix Nobel de littérature lui est attribué. Il se rend à Stockholm en décembre (discours de réception le 10 et conférence le 12).
• 1958. Voyage en Algérie. Devant les incompréhensions que suscitent ses prises de position, Camus décide de ne plus écrire publiquement sur l’actualité algérienne pour ne pas attiser les haines.
Achat d’une maison à Lourmarin.
• 1959. Représentation, au Théâtre Antoine à Paris, de l’adaptation par Camus du roman de Dostoïevski, Les Possédés.
• 1960. Le 4 janvier, au retour d’un séjour à Lourmarin, Camus meurt dans un accident de voiture à Villeblevin. Michel Gallimard qui conduisait meurt cinq jours plus tard.
La mère d’Albert Camus, Catherine Camus, meurt en septembre chez elle à Belcourt.

Albert Camus

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